Résultats du sommet du G20 de PITTSBURGH
Le 13ème sommet du G20, le 3ème depuis le début de la crise financière (qui s’est tenu à PITTSBURGH) fut un sommet historique.
Sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY et de l’Europe, des décisions concrètes ont été prises, avec un objectif clair : éviter à l’avenir une nouvelle crise économique de l’ampleur de celle que nous connaissons actuellement ; éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets et rétablir au plus vite la confiance et donc la croissance économique.
Pour l’histoire, ce fut Nicolas SARKOZY qui demanda le premier, a ce que se tienne un sommet international sur cette crise, et ce, le 23 septembre 2008.
Ce sommet fut un réel succès. Lors des 2 précédentes réunions avaient définies plusieurs principes :
- A Washington, en novembre 2008 :
La crise financière de 2008 résulterait d'un manque de coopération économique, de problèmes d'évaluation des risques, de normes comptables peu adaptées et disparates, et de déficiences quant à la surveillance des marchés. Le sommet du G20 a condamné la tentation protectionniste et a recommandé « des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides », il souligne aussi « L'importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays ».
Ainsi, les décisions prises furent les suivantes :
- La nécessité d’une relance coordonnée et concertée de l’action économique ;
- Le refus du protectionnisme ;
- Le renforcement de régulation des marchés financiers ;
- La nécessité d’une nouvelle gouvernance mondiale plus ouverte aux pays émergents.
- A Londres, en Avril 2009 :
Les principaux résultats furent :
- 1000 milliards de dollars supplémentaires accordés pour le FMI et la Banque mondiale ;
- La création d’une liste noire des paradis fiscaux ;
- De « nouvelles règles » de gouvernance des marchés financiers ;
Ainsi, Pittsburgh permit de mettre en place des nouvelles règles, et le G 20 s’est donc engagé à renforcer la réglementation et la supervision des activités financières :
- Réglementer les hedge funds (fonds spéculatifs) grâce à une obligation d’enregistrement ; ils devront en outre donner des renseignements sur leur niveau d'endettement afin d'évaluer le risque qu'ils font peser sur l'ensemble du système ;
- Encadrer les rémunérations : les pays du G20 se sont mis d'accord pour mettre en œuvre de nouvelles règles sur les salaires et les bonus au niveau mondial afin de décourager les prises de risques excessives ;
- Identifier et sanctionner les paradis fiscaux : le G20 a pris des décisions fortes contre les pays non coopératifs et pour mettre fin à la pratique du secret bancaire. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a publié une liste des paradis fiscaux. Des sanctions adéquates et progressives ont été définies ;
- Enregistrer les agences de notation : elles devront s'enregistrer auprès de leurs autorités et un code de bonne conduite sera élaboré pour les obliger à la transparence et éviter les conflits d’intérêt ;
- Réviser les normes comptables pour en atténuer les effets procycliques (action qui entraîne un nouveau cycle économique) ;
- Clarifier le bilan des banques : une approche mondiale commune sera adoptée avant la fin de l’année avec l’harmonisation de la définition des fonds propres des banques. Pour assurer la traçabilité de la titrisation, une partie des risques qui en sont issus sera retenue dans le bilan des banques. Enfin, le hors bilan sera réintégré dans le calcul des ratios prudentiels ;
- Renforcer la supervision : le forum de stabilité financière sera remplacé par un « Conseil de stabilité financière » qui sera en particulier chargé de mettre en garde contre les risques systémiques se formant sur les marchés. Des mesures seront également prises pour coordonner les régulateurs régionaux et internationaux.
De plus, le G20 s’est engagé à augmenter les ressources du FMI et des banques de développement comme la Banque mondiale de 1100 milliards de dollars, dont :
- 500 milliards de dollars de plus pour le FMI dont les moyens sont ainsi triplés ;
- 250 milliards de dollars sur 2 ans pour soutenir le commerce international, notamment par le biais de crédits à l'export ;
- Une allocation spéciale de 250 milliards de dollars de droits de tirages spéciaux (DTS), qui donnera plus de liquidités pour tous les pays membres ;
- 100 milliards de dollars d’interventions supplémentaires des banques de développement régionales.
Le G20 continuera tant que la reprise ne sera pas perceptible, ainsi, sur proposition de Nicolas SARKOZY, un 3ème sommet du G20 se tiendra donc en septembre prochain à NEW-YORK, en même temps que l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.
Adriano COTTA

