La FRANCE au sein de l'OTAN !
Historique :
Le 21 février 1966, afin d’afficher son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, le Général de GAULLE décidait de retirer la France du commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de
l’Atlantique Nord, OTAN, dont elle avait été un des membres fondateurs en 1949, tout en maintenant sa présence dans l’Alliance atlantique.
43 ans plus tard, le 17 mars 2009, dans un contexte mondial très différent de celui de 1966 (la Guerre Froide est finie !) et avec de nouveaux enjeux, le Parlement français vote la réintégration de
la France dans le commandement de l’OTAN.
Un processus de réintégration déjà entamé :
Les discussions sur le rapprochement de la France avec l’OTAN avaient déjà été engagées dès les années 1990-1991 avec le Président MITTERRAND, puis en 1995 avec le Président CHIRAC, avec notamment le
retour d’un représentant français dans le comité militaire en 1996.
La France toujours présente dans l’OTAN :
La France n’a jamais quitté l’Alliance, uniquement son commandement militaire. Par conséquent, la France a continué à participer à des opérations militaires menées par l’OTAN, comme au Kosovo en
1999, ou en Afghanistan depuis 2002. Sa réintégration dans les organes décisionnaires lui permettra ainsi de pouvoir prendre part aux décisions de défense en amont.
Indépendance face aux Etas-Unis non menacée :
Cette décision du Président SARKOZY ne remet sous aucun prétexte en doute l’indépendance de la France vis-à-vis des Etats-Unis. En effet, la France n’aura aucune obligation de participer à toutes les
opérations militaires votées par l’Alliance. Elle pourra tout à fait refuser de déployer ses troupes si elle le souhaite, comme l’avait fait l’Allemagne avec la guerre en Irak en 2003.
La question financière :
Une grande inquiétude concerne le financement de ce retour dans le commandement de l’OTAN : la France devra-t-elle contribuer davantage à financer les opérations ? Bien sûr, de nouvelles dépenses
seront engendrées, mais l’augmentation des frais ne se fera pas de façon massive. Il semble d’ailleurs important de rappeler que la France est déjà le 4ème contributeur financier (et que les 5
premiers contributeurs financent les ¾ des opérations).
L’OTAN et l’Europe de la défense :
Si l’Europe veut marquer son indépendance face aux Etats-Unis, celle-ci doit être en mesure de se construire une vraie défense. Cependant, ceci n’était pas possible tant que la France n’avait pas
réintégré l’OTAN. En effet, de par sa situation très particulière, la France ne faisait pas vraiment preuve de clarté : certains de ses alliés européens comme la Pologne se méfiaient de son
comportement ambigu et se demandaient même si la France n’était pas anti-américaine. Il faudra maintenant que cette défense se crée au sein de l’Union Européenne, et non au sein de l’OTAN afin de lui
faire bénéficier d’une réelle autonomie.
Sommet de l’OTAN à Strasbourg 3 et 4 avril 2009 :
Malgré les manifestations anti-OTAN qui ont eu lieu ces derniers jours à Strasbourg, les dirigeants de l’Alliance atlantique ont tout de même réussi à atteindre leurs objectifs. En effet, à l’issue
de ce sommet, un nouveau Secrétaire Général a été nommé : Anders Fogh RASMUSSEN, Premier ministre danois, après que la Turquie a finalement levé son veto. Les alliés ont réaffirmé leur engagement
militaire en Afghanistan avec l’annonce de l’envoi de 5000 soldats supplémentaires. Quant à la place de la France, on peut supposer qu’elle retrouvera un poste hautement symbolique et à valeur
politique, comme au sein du commandement suprême allié pour la transformation (SACT).
Candice MARCEAU

