G20, Analyse !

 

« La crise économique est la conséquence de la crise financière ;

 

Pour résoudre la crise économique, il faut d’abord résoudre la crise financière et ce, en mettant en place de nouvelles règles. »

 

Nicolas SARKOZY, le 5 avril 2009 à Prague.


Suite à la crise économique mondiale provoquée par la crise financière, la réunion du G20 à Washington de novembre 2008 a, comme souvent lors de ces grandes réunions internationales, admis la nécessité d’une nouvelle réunion des plus grandes économies mondiales dans le but de trouver des solutions à cette crise.


          Les objectifs de cette nouvelle réunion devaient être la refonte du système financier mondial afin d’éviter une nouvelle crise, ainsi que des mesures de relances économiques.
La réunion du G20 à Londres en Avril 2009 a ainsi actée plusieurs décisions concernant la régulation et la relance.

Régulation financière :

 

          Concernant la régulation, la publication par l’OCDE  (Organisation de Coopération et de Développement Economique) de la liste des paradis fiscaux, ainsi que la promesse de sanctions contre ceux qui ne s’alignaient pas vers une plus grande transparence fût sans aucun doute la décision la plus marquante.
          Cette décision marque le début de la fin du secret bancaire, un des éléments majeurs ayant contribué à opacifier le système financier et favoriser la circulation de flux monétaires sans supervision.
          L’encadrement des bonus des acteurs des marchés financiers devrait aussi permettre de réduire les prises de risques inconsidérées, ainsi que la création à outrance de produits dérivés ou la titrisation ayant amené a la multiplication d’actifs financiers trop compliqués et obscurs.
          La création d’une entité de contrôle aux pouvoirs étendus, le contrôle des agences de notations et des hedge funds, ainsi que l’augmentation des fonds requis et la limitation des effets de leviers, sont toutes des décisions qui ont pour but de mieux contrôler le système financier, mais aussi de pouvoir restaurer la confiance dans ce dernier.
          Cependant, il est permis de douter que ces décisions soient comme une annonce de la remise en cause complète du système financier.

Relance économique :

 

          De grandes sommes d’argent seront injectées dans l’économie mondiale afin de soutenir les pays les plus pauvres, mais aussi pour pouvoir limiter les effets de la crise en sauvegardant des emplois.
          L’un des buts avoué de cette injection de capitaux est de remettre en route le système financier de prêt en améliorant la liquidité et en soutenant les banques.
          L’une des caractéristiques majeures de ce plan de relance, en plus de sa taille, est le fait qu’il est concerté. Il en résultera une politique globale, par opposition aux différents plans de relances individuels vus aujourd’hui dans chaque nation.
          Plus de pouvoir sera ainsi donné aux institutions internationales, en particulier le FMI (Fond Monétaire International).

Impact politique :

 

          Les États-Unis ont joué un rôle mineur dans ces décisions. Il fut clair à la fin du G20, que les décisions de réglementation des marchés financiers furent plus subies que portées par les représentants américains et ceci pour plusieurs raisons.
          Tout d’abord, l’origine de la crise provenait clairement de la politique financière récente des Etats-unis. Ensuite, bien qu’élu aussi grâce a la crise, le nouveau président américain préféra suivre les recommandations européennes qu’imposer les siennes.
          Enfin, la puissance monétaire de nouveaux acteurs, la Chine particulièrement (principal bailleur de fond des Etats-unis), ainsi que l’association idéologique d’autres grands acteurs, France et Allemagne en tête, empêcha la diplomatie américaine de monter au créneau pour proposer des idées divergentes ou bloquer les négociations.
   
Victoire sur les principes de règlementations Européens grâce à l’influence du couple franco-allemand :

 

          La convergence d’idées d’une majeure partie des pays européens sur la réglementation, portées par le couple franco-allemand, ainsi que l’accord tacite de l’Angleterre, permis à l’Europe de parler d’une voix forte à ce sommet, et d’obtenir l’avalisation de la majeure partie de ses mesures de réglementation.
   
          Les dirigeants européens (Nicolas SARKOZY, Angela MERKEL et Gordon BROWN), dont la réélection dépend forcément du dénouement de la crise, n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire en sorte que ce sommet soit un pas réel vers une fin de la crise et qu’il y ait plus de réglementation du système pour l’avenir.

Influence accrue et victoire diplomatique de la chine :

 

           Bien que de nature discrète, la diplomatie chinoise, portée par l’influence accrue de la chine au niveau économique et financier, s’est montrée être la puissance décisionnaire dans la plupart de ces débats, rôle traditionnellement dévolu aux américains.
           Premier bailleur de fond d’une Amérique endettée, elle s’est même permis la remise en cause du dollar américain comme monnaie de référence, chose inimaginable il y a peu.
           La Chine a clairement voulu montrer que la remise en cause du système monétaire mondial, ainsi que la majeure partie des décisions diplomatiques futures ne se feraient pas sans elle.

Conclusions :

 

           De manière plus globale, ce G20 marque le retour clair de la  politique dans la sphère économique, et la fin de l’idée qu’une autorégulation du système est possible. Sans forcément remettre en cause le capitalisme.

           Il est intéressant de noter que bien que la majorité des décisions prises soient nécessaire dans le but d’une meilleur régulation mondiale des systèmes financiers, il n’est fait aucune mention de l’origine de la crise, à savoir la politique américaine des 20 dernières années, commencée par Bill CLINTON et Alan GREENSPAN (ancien président de la Fed), consistant à accorder à tout les américains des prêts financiers au dessus de leurs moyens.
           Le fait que des financiers peu scrupuleux et mal surveillés transforment ces prêts en produits dérives pour plus facilement les échanger n’est qu’une conséquence de cette décision politique.
           Il est vrai que l’ensemble des décisions prises durant ce sommet sont sans précédent, et la mise en place de groupes de travail ainsi que la relative proximité du prochain sommetNew York à la suite du conseil général de l’ONU en novembre) donne un certain poids et une certaine crédibilité à ces décisions.

Adriano COTTA

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